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19/07/2023

BRUME de Jérôme Pelissier et Carine Hinder

Aujourd'hui j'ai décidé de vous présenter une petite perle parue chez Glénat pour les enfants à partir de huit ans. Il s'agit de la trilogie Brume de Jérôme Pelissier et Carine Hinder, dont nous découvrons le premier tome (et on attend déjà la suite avec beaucoup d'impatience). 

Cette BD a une petite vibe Mortelle Adèle qui va sans aucun doute plaire aux enfants. On sait bien que les parents préfèrent les enfants sages, évidemment, ils sont si mignons. Mais les pestes les espiègles, les têtus, c'est quand même eux qui font les meilleures histoires. Il faut bien être honnête, ils sont plus attachants, voire plus attachiants, mais ça reste nos préférés. Et que les choses soient bien claires Brume coche toutes les cases.

Cette petite chipie a été trouvée par une nuit de brouillard, sans aucun souvenir de son passé. C'est d'ailleurs ce qui lui a donné son nom Brume. Cette espiègle créature n'a aucune patience, son père adoptif a essayé de l'initier à la pêche, sa passion, mais ça a été un véritable enfer... pour les deux ! Brume ne rêve que d'une chose : devenir une sorcière. Et ça tombe bien car Naïa, celle de son village qui les protège des monstres et autres désastres, a disparu. La place est donc libre pour qui s'en sent capable. Et le moindre l'on puisse dire c'est que Brume n'a aucun doute sur ses capacités magiques, pourtant inexistantes. Elle a le soutien de son père, le saint homme, qui lui a déjà acheté la tenue de sorcière et qui lui offre un mystérieux grimoire présent à ses côtés la nuit où il l'a trouvée. Du coup cette fois, c'est sûr, elle en est persuadée : elle est bel et bien une sorcière. En deux coups de cuillère à pot elle s'achète un vieux chaudron et décide de changer y en cochon une vieille dame qui a osé la bousculer et faire tomber son précieux chapeau. Et le fantastique hasard de la vie va mettre sur son chemin un adorable petit cochon noir au moment même où la mamie sort de son champ de vision. Bon, elle ne l'a pas du tout transformée en cochon, elle a juste tourné au coin de la rue. Mais tout ceci n'a aucune espèce d'importance pour Brume, très sûre d'elle, elle est persuadée d'avoir réussi son sort et remporté par là même un assistant. Qu'elle rebaptise Hubert. Elle emporte donc ce pauvre porcinet et complète sa folle équipe avec, son admirateur et ami, Hugo ravi de l'aider dans toutes ses aventures, même les plus folles. Maintenant qu'elle a tout l'attirail, elle décide d'ouvrir une échoppe de sorcière. Bon, le succès n'est pas vraiment au rendez-vous. En plus sa première potion plonge le village dans un épais brouillard qui fait craindre toutes sortes de catastrophes. Mais qu'importe, Brume est persuadée de la puissance de ses pouvoirs et décide donc, purement et simplement, de s'engouffrer dans la forêt interdite combattre un dragon légendaire. Rien que ça ! Et évidemment elle embarque toute sa fine équipe dans l'aventure.

Finalement, Brume est-elle vraiment une sorcière ? Ou son seul pouvoir est son entêtement légendaire. Ce mystère reste entier. 
Cette petite héroïne est loin d'être parfaite mais elle est haute en couleur, drôle, attachante, avec une assurance inébranlable. Et vous savez quoi ? J'adore ! Ca fait du bien et ça peut même dénoter un peu dans l'univers parfois polissé de la littérature jeunesse.

Notons quand même, heureusement qu'il y a ce petit cochon, car au-delà du fait qu'il soit extrêmement mignon, il est aussi le seul à avoir l'air d'être vaguement conscient du danger et à savoir réaliser une potion comme il faut. En plus il a un rôle très important : c'est le narrateur de l'histoire. Enfin en un mot comme en 100 c'est un peu l'adulte du groupe. Le seul à avoir les pieds, enfin les pattes, sur terre. 
Dans le second tome, intitulé Le Grand Frisson, notre fine équipe décide cette fois d'aller trouver l'antre de Naïa la puissante sorcière disparue. Seul tout petit problème sa maison se cacherait dans la forêt des âmes perdues d'où personne ne revient... JAMAIS ! Mais il en faut plus pour arrêter notre sorcière têtue, que l'aventure commence ! Et enfin le tome 3 La Source des Secrets qui porte terriblement bien son titre, nous découvrons le dénouement de toute cette aventure ensorcelante. Mais séchez vos larmes car c'est la fin de cette aventure là, en 2025 Brume commence un nouveau chapitre, on a déjà hâte d'y être !

Et pour conclure, coup de chapeau aux dessins de Karine Hinder qui sont très très jolis. D'ailleurs c'est simple, dès que j'ai fini la bd je suis allée directement sur ses réseaux sociaux pour la suivre. C'est important de soutenir les artistes et en plus ça fait toujours de très belles découvertes.

Jai présenté cette BD sur Divergence FM pour mon émission des Sales mômes que vous pouvez écouter ici=>📻

Signé :



26/10/2020

RADIUM GIRLS de Cy

   Radium Girls de Cy est sortie chez Glénat en avril 2020 ! Et bravo à madame Cy de nous rafraîchir les mémoires de façon magistrale.

En passant par le biais de cette bande de copines pour lesquelles nous allons développer une empathie phénoménale, elle nous permet de découvrir ou redécouvrir un fait historique largement passé sous silence une fois de plus. En mettant au service de l'Histoire son talent d'illustratrice elle fait en sorte que nous ne le l'oublierons désormais plus, cette affaire là.

Orange, New Jersey (Etats-Unis) 1918 entrons dans cette usine d'USRC ('United States Radium Corporation) aux côtés de la petite nouvelle. Elle s’appelle Edna.

Elle va dés le premier jour découvrir celles qui deviendront ses amies : Grace, Katherine, Mollie, Albina et Quinta. Leur tâche ?

 Lip. Dip. Paint.

En effet, assises devant des établis, elles posent des pinceaux sur leurs lèvres pour les humidifier et les lisser, puis elles plongent les mêmes pinceaux dans la peinture, enfin elles peignent des cadrans. Elles sont évidemment payées au rendement. Et malheureusement la peinture contient de l'uranium qui finira par les tuer sans que quiconque ne s'en émeuve, après tout, ce ne sont que des femmes.

Entièrement réalisée aux crayons de couleurs, cette bd est un bijou à tous points de vue. D'abord parce qu'elle met à l'honneur des inconnues qui se sont battues, ces anonymes qui sont en réalité des héroïnes, ensuite, parce que pour nous toucher, l'autrice a utilisé le vecteur de l'amitié et que c'est une franche réussite. Nous nous reconnaissons dans ces amies, liées si fort et pas toujours d'accord sur tous les sujets. Nous nous reconnaissons dans le fait qu'elles jouent de tout et avec tout, même avec ce qui finira par les tuer, sans le savoir évidemment. Les suivre dans leurs quotidiens nous permet de découvrir une époque, la leur ! Le droit de vote, la prohibition, cet agent de police qui vient mesurer la taille d'un maillot de bain lorsqu'elles s'offrent une journée à la plage ensemble. Et "oh" consternation, tellement de choses sont encore tellement d'actualité (coucou le burkini, le crop top et j'en passe)

Et puis chaque planche est une œuvre d'art.
J'ai passé des heures à examiner les couleurs choisies pour soutenir tel ou tel propos, tel ou tel lien. J'ai noté la différence entre les fonds blancs et les fonds colorés. J'ai été touchée, si fort, par la façon de représenter la mort et cette façon si pudique et digne de dessiner les corps en dégénérescence. Les corps malades.

C'est fin et magnifique. Il s'agira désormais de faire tourner cette bande dessinée partout et tout le temps. De continuer de faire savoir ce drame là. De ne plus l'oublier.

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